To kill or not to kill, la question qui tue

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La caacQ est membre du comité de consultation du Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ) depuis environ 5 ans.
A cette table différents représentants d’organismes discutent des modifications, défis, moyens d’améliorer le bien-être animal au Québec en fonction de la loi P-42.

Souvent les discussions sont très habituelles, je dirais ordinaires, lorsque le sujet ne touche pas directement certains acquis des participants. Il y a d’autres occasions où un arbitre des Canadiens aurait de la difficulté à gérer la situation. Je dois lever mon chapeau à Mr. Geof Kelley, ex-président du conseil qui a dirigé ces rencontres de mains de maître.

Les participants sont invités à partager des idées et trouver des solutions pour, qu’en fin de compte, les animaux de compagnie aient une meilleure qualité de vie. Nous sommes là pour aider les animaux. Mais il est arrive qu’il soit difficile de faire le tri.

Il m’arrive, parfois, de donner mes commentaires à chaud, sans trop y mettre de forme. Après tout, nous sommes tous adultes et vaccinés, enfin je le pense… Cependant, j’en frustre certains et mes réflexions ne sont pas toujours bien reçues. En voici un exemple.

Euthanasie et mise à mort. Voici une différenciation que j’ai mise de l’avant il y a plusieurs année sans savoir que j’allais heurter une zone hypersensible chez certains directeurs de SPA et SPCA québécoises. Je n’ai pas vu venir leur réaction.

Ces directeurs ont chacun exprimé leur indignation, puis leur mécontentement. Comment pouvais-je oser utiliser le mot tuer ?

Je suis très consciente de la charge émotive que renferme ce mot. Je suis également très consciente de ce que vit le personnel de ces organismes lorsqu’il doit tuer un animal en santé simplement parce qu’il n’y a plus de place pour le loger.

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Je sais aussi d’expérience que ce n’est pas en faisant l’autruche ou en refusant de regarder les choses en face que l’on résout les problèmes.

Nous sommes tous dans le même bateau, tous à vouloir que les choses changent et mes interlocuteurs sont tout de même des directeurs de SPA et SPCA !

On se calme, mesdames et messieurs ce n’est pas la méthode c’est la raison.

Me voici convoquée pour une rencontre avec des membres du conseil d’administration de l’AQSS (association qui regroupe certaines SPA et SPCA). Après les cordialités qui ont durée moins de 60 secondes, il m’est demandé de ne plus utiliser les termes mise à mort ou tué dans les entrevues avec les médias, mes rencontres officielles et surtout, surtout dans les rencontres du comité du MAPAQ.

Je leur rappelle la mission de la caacQ : diminuer le nombre d’animaux tués au Québec.

OH LA LA levée de boucliers immédiates ! Si cela n’avait pas été d’une grande tristesse, la réaction de mes interlocuteurs eut été d’une grande drôlerie. Il n’en aurait été que de moi, je pliais bagage, mais mon associé a voulu comprendre le pourquoi de leur demande et de tenter de leur expliquer notre point vue. Peine perdue.

Pendant ce temps, ailleurs en Amérique du Nord

Congrès de la HSUS de 2012, à ce colloque je pouvais sentir un vent de changement dans les termes utilisés, mise a morts était employé mais du bout des lèvres. Congrès HSUS 2014, 24 mois plus tard, et les mots tué et mises à mort sont au rendez-vous.

YES !

Début août 2014, je reçois un document de l’Association des juristes progressistes du Québec et leurs commentaires sur la réglementation de la ville de Montréal pour les animaux de compagnie.

En lisant le rapport, en page 7 troisième paragraphe :
Enfin, nous sommes d’avis que seul un vétérinaire devrait être autorisé à euthanasier un animal. En effet, il faut éviter à tout prix la mise à mort amateure d’animaux.

YES !

L’autre jours, je papillonne de site en site et me pose sur un blog de César Milan ; on ne parle plus là d’information entre professionnels, on est dans l’échange “grand public”. Je lis :

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Dans cet article Mr. Millan répète 7 fois les mots kill ou killing.

YES !

Nous avons le devoir d’établir des statistiques/terminologie qui reflètent la réalité et la sévérité de la situation.

Le groupe de SPA et SPCA qui se cache derrière un mot, retarde le processus de la prise de conscience que nous devons faire en tant que collectivité qui se dit vouloir protéger les animaux et agir.

Les euthanasies sont des décisions nobles et correctes. Un animal qui n’a pas de qualité de vie ou est un danger pour la communauté peut être soulagé et euthanasié dans les régles de l’art. Mais vouloir camoufler la réalité des enclos surpeuplés et n’avoir qu’une colonne dans un rapport annuel regroupant les euthanasies légitimes et les mise à mort de chiens et de chat en pleine force de l’âge est inadmissible.

À mon humble avis, les dirigeants de ces institutions devraient penser à revoir leur priorités et même peut être céder leur place à des personnes prêtent à expliquer les réalités de tous les jours avec un vocabulaire adapté qui permette à chacun de se faire une véritable idée de la situation. Ne sommes-nous pas tous adultes et vaccinés ?

Heureusement, il existe des SPA et des SPCA qui appellent un chat un chat. En expliquant les vrais affaires, je n’ai pas constaté que le public les fuyait, au contraire. Alors ?

Nos communautés entières sont coupables de ces mises et mort. La mise à mort est une responsabilité de tous et c’est à nous la communauté de dire ça suffit et utiliser des solutions en amont qui ont fait leurs preuves ailleurs en Amérique du nord. À ce sujet, l’illustration ci-dessous que je viens de trouver me dit que ce que je ne suis pas la seule à avoir vécu ce que j’ai vécu !

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